Au premier regard, on a déjà une idée de la personnalité de nos tout-petits. Chaque parent nourrit des rêves pour ses enfants. On les imagine musiciens, ingénieurs ou infirmiers!
Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) a été mis en place pour aider les parents à économiser pour la scolarité de leurs enfants. En matière de placement, on est vite confus, et c’est bien normal! Les nombreux acronymes et choix de placements nécessitent une certaine expertise.
- Dans cet article, on vous explique en termes simples la différence entre le REEE (contenant) et les placements que vous pouvez y faire (contenu), qui auront un impact sur vos gains.

Le REEE, qu’est-ce que c’est ?
Plusieurs parents croient que le REEE est un type de placement. C’est faux! C’est un régime qui offre une structure, avec des règles claires, et qui sert d’abri fiscal. Dans un REEE, peu importent les placements choisis, les gains réalisés sont libres d’impôt tant que l’argent n’est pas retiré.
Voici l’essentiel à savoir sur le REEE :
- Il existe trois types de REEE : individuel, familial et collectif.
- Le total de vos cotisations ne doit pas dépasser 50 000 $.
- Les gouvernements du Canada et du Québec donnent des subventions qui s’ajoutent à votre épargne.
- Il n’y a aucun impôt à payer sur les subventions et les rendements tant que l’argent reste à l’intérieur du REEE.
- Les retraits sont encadrés et le moment venu, vous devrez en faire la demande au fournisseur de votre REEE.
Quelles options de placement choisir pour votre REEE ?
Il existe une grande variété de placements, soit le contenu que vous mettez dedans l’enveloppe REEE. Vous pouvez détenir une multitude de produits financiers, dont les plus fréquents sont :
Actions
Titres cessibles et négociables représentant une fraction du capital social de certaines sociétés.
Fonds négociés en Bourse
Fonds d’investissement dont les titres sont négociés comme des actions en bourse. Ils peuvent porter sur un indice de référence, le prix des matières premières, les devises, etc.
Certificats de placement garanti (CPG)
Dépôt qui garantit que vous ne perdrez pas votre montant initial et qui offre des intérêts. En échange, vous devez le laisser investi jusqu’à la fin du terme (durée spécifique).
Obligations
Titres de créance négociable, représentant une fraction d’un prêt à intérêt consenti à une société privée ou à une collectivité publique.
Fonds communs de placement
Fonds regroupant divers titres, géré par un gestionnaire qui met votre argent en commun avec celui des autres investisseurs et l’investit en votre nom.
Options
Acquisitions du droit d’acheter ou vendre un actif donné pendant une certaine période à un prix convenu à l’avance.
Faire des choix de placement pour vos REEE peut vite semer la confusion et créer beaucoup de stress! Faites-vous accompagner par des professionnels.
Pour simplifier, les choix peuvent être résumés en deux grandes catégories : les revenus fixes et les placements plus volatils.
Quels placements à revenu fixe choisir ?
Ce type de placement est prévisible. On parle par exemple des CPG, des obligations à court terme et des sommes détenues dans un compte d’épargne standard. L’argent investi est protégé et vous connaissez à l’avance combien de gains vous allez réaliser sous forme d’intérêts.
Exemple de rendement de REEE
Selon les normes d’hypothèses de projection de l’Institut de planification financière (IPF), on peut s’attendre à un rendement de 3,4% pour les placements à revenus fixes. Cette norme tient compte de placements faits sur une période de 10 ans et plus, par exemple si vous investissez alors que votre enfant a de 0 à 8 ans alors que vous prévoyez un retrait à ses 18 ans. Si on suit cette hypothèse et que vous payez des frais de gestion de 2%, vous vous retrouvez avec un rendement de seulement 1,4%. Par exemple, en cotisant 2 500$ par année pendant 15 ans, vous aurez investi 37 500$ et accumulé un total de 41 696$, selon le calculateur de l’IPF.
Néanmoins, avec le REEE, les subventions gouvernementales offertes à tous vous procurent un rendement de 30%, sans effort de votre part, à condition d’optimiser vos cotisations. Pour ce faire, il est conseillé de cotiser 2 500 $ par an jusqu’à temps d’avoir obtenu le maximum de subventions (10 800 $ à vie).
Quels placements volatils choisir pour un REEE ?
Choisir soi-même chaque action ou autre titre dans lequel investir est un travail qui demande de l’expertise et du temps. C’est pourquoi les parents optent généralement pour des fonds qui regroupent divers titres, en fonction de leur profil.
Ce type de placement offre habituellement un meilleur rendement à long terme, mais à court terme, il peut varier, c’est-à-dire baisser et augmenter de valeur rapidement.

Il existe des fonds équilibrés, prudents, de croissance, etc. Un conseiller spécialisé en REEE vous aidera à déterminer la bonne combinaison pour vous!
Il y a deux facteurs principaux à prendre en considération :
-
L’âge de l’enfantPlus l’enfant est jeune, plus les placements volatils sont recommandés, car ils auront le temps de croître. Si vous investissez pour un adolescent qui entamera ses études dans trois ou quatre ans, les placements à revenu fixe peuvent constituer un choix plus judicieux.
-
Votre tolérance au risqueVotre conseiller vous fera remplir un questionnaire pour aider à établir cet aspect. Les parents tolérants au risque peuvent investir dans des placements plus volatils, car ils craignent moins les variations à court terme.
Placement dans un REEE : fonds équilibré ou fonds audacieux ?
À titre d’exemple, prenons un parent qui choisit un fonds équilibré, soit un placement composé de 60% d’actions et 40% d’obligations. Comparons-le à un autre parent qui opte pour un fonds audacieux, à 80% d’actions et 20% de revenus fixes.
Exemples de rendement
Fonds équilibré | Fonds audacieux | |
---|---|---|
Rendement brut | 5,2% | 5,8% |
Après déduction des frais de gestion | 3,2% | 3,8% |
Capital accumulé (cotisations + subventions + rendement) sur 15 ans | 47 934 $ | 50 250 $ |
On arrive rapidement à des différences importantes. Ce sont des milliers de dollars qui pourraient bénéficier à votre enfant pour faire des études.
Plus de 8 500 $ séparent le placement sûr abordé plus tôt, à revenu fixe, du placement audacieux axé sur la croissance. C’est donc important de prendre le temps de bien évaluer son profil et de ne pas pécher par excès de prudence.
Conseil de pro
Vérifiez régulièrement si les subventions ont été déposées dans votre REEE. Souvent, elles sont remises à l’institution financière ou au fournisseur du REEE et elles peuvent rester plusieurs mois dans un compte standard avant d’être investies. Contactez votre conseiller pour ajouter ce montant au fonds que vous avez choisi et dans lequel le reste de votre épargne-études est déjà investie. En attendant trop, vous risquez de perdre un peu de rendement!
Paierez-vous de l’impôt sur vos placements dans un REEE ?
Pendant que l’argent est investi dans un REEE, il n’y a aucune imposition. Vous pouvez placer 50 000 $ dans le compte et regarder le rendement s’accumuler pendant dix ans, par exemple, sans être imposé sur celui-ci chaque année. Lorsque votre enfant ira au cégep ou à l’université, ce sera le temps d’effectuer des retraits.
Les personnes qui ont ouvert le régime, appelées les souscripteurs, demeurent propriétaires de l’argent investi. Si vous avez cotisé 30 000 $, par exemple, vous pouvez le récupérer (en suivant les règles de retrait).
À qui appartient l’argent ?
- Le capital investi (les cotisations faites au fil des ans) appartiennent au souscripteur du régime (souvent, un parent).
- Les subventions et les rendements appartiennent au bénéficiaire (l’enfant aux études postsecondaires).
Les étudiants recevront quant à eux la part qui provient des subventions et du rendement du placement via un paiement d’aide aux études (PAE). Les PAE sont imposables.
Puisque les étudiants gagnent habituellement peu d’argent (il faut bien qu’ils passent du temps à étudier!), la facture d’impôt devrait être nulle ou faible. Il est donc important, pour un étudiant qui retire l’argent de son REEE et qui ne veut pas payer d’impôt, de limiter ses revenus annuels tirés d’un salaire ou d’autres sources.
Comment maximiser vos placements dans un REEE ?
Il est généralement conseillé de cotiser 2 500 $ par année dans un REEE dès la naissance de l’enfant. Après plusieurs années, si vous avez investi 36 000 $ environ, vous aurez touché le maximum des subventions.
En fonction des autres placements de votre famille, une stratégie sur mesure pourrait être nécessaire. Il est toujours recommandé de faire affaire avec un conseiller pour s’assurer d’obtenir un plan solide.
Voici un exemple de stratégie à discuter avec votre conseiller :
- Pendant les premières années, vous optez pour un fonds audacieux.
- Lorsque l’enfant atteint huit ans, vos nouvelles cotisations s’en vont vers un fonds équilibré, mais les premières restent dans le fonds audacieux.
- À ses 16 ans, vous commencez à transférer une partie des placements vers un fonds à revenu fixe, en prévision d’une sortie de fonds dans deux ans.
- Dès qu’il commence son cégep, vous sortez des petits montants de PAE à chaque session pour éviter à votre enfant de payer de l’impôt.
- Votre capital continue de croître jusqu’à la fin de ses études.
Que faire avec un surplus de rendement ?
Pour terminer, examinons le scénario suivant : Votre enfant entame ses études universitaires et habite encore chez vous. Même si vous décaissez de l’argent de son REEE depuis le début du cégep, il lui reste une somme impressionnante. Selon toute vraisemblance, il ne réussira pas à tout dépenser d’ici la fin de son baccalauréat. Quel beau problème!
Que faire? Lorsqu’on a plus d’argent que nécessaire, il faut tout de même le sortir du REEE. Si vous fermez le REEE et que l’argent des subventions n’a pas été entièrement utilisé, elles seront retournées aux gouvernements et vous les perdrez!
Si votre enfant a 18 ans ou plus, il pourrait :
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Ouvrir un compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) et y verser le surplus. Ce compte lui sera utile plus tard pour obtenir une déduction d’impôt et pour acheter sa première maison. Autrement dit, l’argent des subventions, pour lequel il n’a pas travaillé, pourrait servir une deuxième fois!
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Investir l’argent dans un autre type de compte, comme un compte d’épargne libre d’impôt (CELI).
Si ce sont plutôt vos cotisations qui restent en surplus, vous pourriez :
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Les retirer et les utiliser pour vous-même, une solution intéressante s’il vous reste des droits de cotisation à votre régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou CELI.
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Les donner à votre enfant pour qu’il les investisse dans un compte à son nom.
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